Rédacteur: Souleymane Ndour-Paffainfos.com
Il y a trois ans, personne n’y croyait. Aujourd’hui, la région de Matam cultive 71 hectares de blé. Une ascension fulgurante portée par des agriculteurs déterminés à relever le défi de l’autosuffisance.
Anthoumane, le retraité devenu champion du blé
Dans le village de Soringho, commune d’Ouro Sidi, Anthoumane Konaté a relevé le défi. Ce retraité vivant en France a décidé de cultiver du blé dans le Damga.
Parti de zéro, il vient de récolter 18 tonnes cette saison. « Au début on se demandait si c’était possible avec notre climat. Aujourd’hui la preuve est faite », se réjouit-il.
Sur son exploitation, tout est valorisé. À côté du champ de blé, on trouve un verger, des légumes, des volailles et du bétail. La récolte se fait sous les yeux des visiteurs venus du Sénégal, du Mali et de Mauritanie pour apprendre.
Une filière portée par l’État
L’aventure a commencé en 2024. Deux paysans de Kanel ont été choisis pour les tests : Anthoumane Konaté et Aboubakri Bah. Avec des intrants offerts par l’État, ils ont obtenu respectivement 5 t/ha et 3 t/ha.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
Année 1 : 2,5 ha
Année 2 : 25 ha
Année 3: 71 ha dont 10 ha de semences
Pour les techniciens, le succès vient de deux choses : la culture s’adapte bien et elle est très rentable. Le kg de blé se vend entre 400 et 600 FCFA. Sans compter le son pour le bétail et la paille plus nutritive que celle du riz.
Un modèle pour le Sénégal
« Chaque jour on consomme du pain, des gâteaux, du couscous. Mais toute la farine est importée. C’est un paradoxe », explique Anthoumane. Pour lui, Matam a tout pour produire : eau, soleil, terres.
La SAED, via Moussa Mbodji, confirme la tendance. Les zones de Bokidiawé, Orkadiéré et Ouro Sidi deviennent des bassins de production.
Et les femmes pourraient être les prochaines. Leurs jardins ont des sols parfaits pour le blé. Reste à les former et les accompagner.
Soutenue par l’ISRA et la SAED, la filière blé à Matam veut désormais changer d’échelle. L’ambition : rejoindre le riz parmi les grandes cultures du Sénégal.
Source : Données de terrain SAED Matam
Rédacteur: Souleymane Ndour-Paffainfos.com














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