Rédacteur : Souleymane Ndour – Paffainfos.com
L’accès à l’eau propre et à un assainissement décent reste l’un des plus grands combats pour les droits humains sur le continent. Ce jeudi 8 octobre 2026 à Dakar, le forum des ONG, en prélude à la 89e session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, a remis les États africains face à leurs obligations.Intervenant au nom du Réseau des femmes leaders pour le développement (RFLD), John Gbenagnon a mis en lumière le calvaire des femmes et des jeunes filles. Chaque jour, a-t-il rappelé, des millions d’heures sont perdues à aller chercher de l’eau, au détriment de la scolarité des filles et de l’autonomie économique des femmes. Quand le puits est à des kilomètres, c’est toute une journée de travail qui s’envole. Et sans toilettes dignes à l’école, beaucoup d’adolescentes sont obligées de s’absenter durant leurs règles.Pour le RFLD, l’accès à l’eau est directement lié à l’égalité des sexes, à la santé et à la dignité. L’organisation demande à la Commission africaine d’intégrer systématiquement la question de l’eau pour les femmes dans l’évaluation des rapports étatiques, conformément à l’article 15 du Protocole de Maputo.John Gbenagnon a aussi exhorté les 9 pays de l’Union africaine qui n’ont toujours pas ratifié le Protocole de Maputo à le faire sans tarder. Il a rappelé que le RFLD continue de financer les associations de femmes sur le terrain via le Fonds féministe d’Afrique de l’Ouest présent dans 15 pays. Il a cité l’exemple concret d’un groupement de femmes rurales qui a pu réparer la pompe à eau de son village grâce à une petite subvention.La preuve, selon lui, que lorsque les femmes ont les moyens, elles trouvent elles-mêmes les solutions pour leur communauté. Il a enfin dénoncé la fermeture de l’espace civique, les entraves contre les ONG et le cyber-harcèlement visant les militantes, qui empêchent les citoyens de demander des comptes aux gouvernements.
Le Sénégal exige des résultats concrets
Représentant le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, le Directeur des Droits humains, Julien Ngane Ndour, a également pointé la responsabilité des États. Il a rappelé que l’Union africaine a décrété 2026 année de l’eau et de l’assainissement. Un secteur qui touche à la santé, à l’éducation, à la paix et au développement. Malgré les promesses, des millions d’Africains n’ont toujours pas d’eau potable.Pour lui, les pouvoirs publics sont les premiers responsables. Ils doivent investir dans les infrastructures, assurer la qualité des services et protéger les plus vulnérables.Il a insisté sur un point : on ne doit pas juger une politique au nombre de forages inaugurés, mais à son impact réel sur la vie des gens. Les conflits, l’instabilité politique et le changement climatique rendent la tâche encore plus difficile. Le Sénégal, a-t-il souligné, avait organisé en 2024 des concertations nationales pour bâtir une politique d’eau basée sur la transparence et l’équité.
La société civile, une alliée indispensable
Julien Ngane Ndour a conclu en appelant à considérer les ONG comme de vrais partenaires de l’État. Grâce à leur présence sur le terrain, elles connaissent les vrais besoins, peuvent contrôler l’usage de l’argent public et renforcer la redevabilité.Les deux interventions disent la même chose : il est temps de transformer les discours en robinets qui coulent. Car l’accès à l’eau reste le meilleur baromètre du respect des droits fondamentaux en Afrique.
Rédacteur : Souleymane Ndour – Paffainfos.com














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