Rédacteur: Souleymane Ndour – Paffainfos.com
La bataille pour succéder à António Guterres au secrétariat général de l’ONU entre dans la dernière ligne droite. Et le verdict du deuxième “vote indicatif” du Conseil de sécurité, tenu ce vendredi, bouleverse la donne.
Selon une source diplomatique, c’est la Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett, 52 ans et benjamine des 8 candidats, qui s’est emparée de la tête. Pour l’ancien Président sénégalais Macky Sall, le chemin vers le 38e étage s’annonce semé d’embûches, face à la percée des postulants d’Amérique latine.
Rodrigues-Birkett en pole position
Ancienne cheffe de la diplomatie du Guyana, Carolyn Rodrigues-Birkett a coiffé au poteau la Costaricaine Rebeca Grynspan, leader du premier tour en juillet, et l’Argentin Rafael Grossi, patron de l’AIEA.
Lors de ce scrutin à huis clos, les 15 membres du Conseil ont voté à bulletin secret avec 3 mentions : “encourage”, “décourage” ou “sans opinion”. Résultat : Rodrigues-Birkett obtient 8 “encourage”, 3 “décourage” et 4 “sans opinion”. Elle devance Grynspan 7-4-4 et Grossi 7-6-2.
Macky Sall freiné par la vague latino-américaine
Aux côtés de l’Ougandais Olara Otunnu, 75 ans, Macky Sall, 64 ans, n’arrive pas pour l’instant à s’inviter dans le trio de tête. La tendance du moment joue clairement en faveur du continent américain, portée par le principe non écrit de rotation géographique.
La compétition reste ouverte avec l’ex-présidente chilienne Michelle Bachelet, 74 ans, et les deux Équatoriennes Maria Fernanda Espinosa, 61 ans, et Ivonne A-Baki, 75 ans.
Pour décrocher la recommandation du Conseil et être soumis à l’Assemblée générale, un candidat doit réunir au minimum 9 voix “encourage” sans se heurter à un veto des 5 permanents : USA, Russie, Chine, France, Royaume-Uni.
Un processus opaque sous pression
Ce vote survient dans un contexte de crise profonde à l’ONU, entre divisions géopolitiques et coupes budgétaires imposées par Washington. “Il est prématuré de parler de consensus”, a relativisé Zenon Ngay, ambassadeur de la RDC.
L’incertitude demeure. “Les membres permanents révèlent rarement leurs choix avant la dernière ligne droite”, note Daniel Forti, analyste à l’International Crisis Group. Le Russe Vassili Nebenzia a même laissé entendre que d’autres candidatures pourraient surgir.
Le bras de fer est aussi institutionnel. Washington et Moscou ont recadré la présidente de l’Assemblée générale, l’Allemande Annalena Baerbock, qui plaidait pour plus de transparence et de débats publics.
Pour Macky Sall et les 7 autres prétendants, les tractations en coulisses vont être cruciales d’ici fin décembre, date de fin de mandat de Guterres.
Rédacteur: Souleymane Ndour – Paffainfos.com











Leave a Reply